Mercredi 28 mars 2007

Voila le genre d'image qui m'enchantent et me font stresser chaque jour... De belles indiennes assises en amazone derriere une moto, si elegantes dans leurs saris colores... Et des ptits bebes suspendus au-dessus de la route, en plein milieu du trafic, de la pollution...

 

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Mercredi 28 mars 2007

 

Bonjour a tous, chers blogueurs...

Je n'ai malheureusement pas le temps d'ecrire un article aujourd'hui... Les choses se precipitent un peu autour de moi et j'ai du mal a tout controller ! Mais j'essaye quand meme de telecharger quelques photos, histoire de partager avec vous les quelques moments forts de ces derniers jours...

La petite chorale avec les enfants auquels je donne des classes le dimanche matin, on a chante mercredi dernier a l'occasion de Naw-Ruz, le nouvel an baha'i... C'etait vraiment chouette ! Ne vous fiez pas a leur air angelique, certains de ces gamins sont de vrais bombes et ils n'ont qu'une hate, que notre classe se termine pour aller jouer au cricket... Mais on passe de bons moments ensemble quand meme et ils sont vraiment super droles...

Nos tristes adieux a la gare d'Indore, alors que Micvhelle et Astrid, deux jeunes volontaires du canada et d'Australie nous quittaient pour rentrer a Delhi avant de poursuivre leurs periples dans d'autres pays... Ca n'est pas evident de voir les autres partir et de garder l'energie necessaire pour continuer de servir sans eux... Mais c'est la vie biensur !

Voila mon homme au serpent, je n'avais pas pu vous montrer sa photo lors du dernier article...
Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Dimanche 25 mars 2007

 

Voila deux petits anges apercus au detour d'une rue, cette image est restee gravee dans mon esprit comme dans mon appareil photo, ils sont pas mignons franchement ?

La douceur ressentie a la vue de ces deux enfants s'est cependant vite evanouie quelques metres plus loin ! Il fau que je vous raconte...

Grrr, c'est la troisieme fois que je me fais avoir par le meme homme au serpent ! Vous n'imaginez pas ce que je brave pour venir ecrire ces quelques mots sur mon blog ! :)

Je vous explique en quelques mots... Nous - les volontaires de l'Institut - avons l'habitude d'aller faire notre shopping, d'utiliser Internet et autres petites activites de la vie quotidienne, dans un quartier plutot sympa d'Indore, qui s'appelle "Vijaynagar". C'est tres agreable, on peut y venir a pied depuis l'Institut, on commence a connaitre la plupart des commercants... Meme les chauffeurs de Rickshaw ne nous demandent plus la direction dans laquelle nous voulons aller, ils connaissent tous "Bhamori Road - Baha'i House" !

Seule ombre au tableau (enfin j'exagere un peu, il n'est pas tout le temps la quand meme...) : Cet homme bizarre trimbalant son serpent dans un panier ! J'imagine que les gens lui donnent de l'argent quand il motre son serpent, ou quelque chose comme ca... Avec moi il n'a aucune chance ! Il me fait vraiment "flipper" a chaque fois, je marche dans la rue sans l'apercevoir et... au dernier moment il ouvre son panier, et je me retrouve avec ce serpent hideux a 10 cm du visage... Brrrr !

J'essaye de telecharger une photo pour vous montrer a quoi ressemble mon abominable homme au serpent...

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Vendredi 23 mars 2007

Ye larki bahut badmas hai ! (Cette fille est vraiment chipie! – toujours dans mon mauvais hindi)

 

 

Voilà plus de deux mois que je côtoie quotidiennement 80 jeunes filles avec qui je communique tant bien que mal, avec beaucoup de gestes, de J et de L… Nous partageons surtout beaucoup d’affection, nous rions et pleurons ensemble… Cependant, je me rend compte parfois que je ne connais presque rien de leur vie en dehors de l’Institut, et c’est vraiment frustrant de ne pas pouvoir en savoir plus fautes de mots…

 

 

Ce matin, Pooja, l’une des jeunes filles ayant le plus de responsabilités dans la vie quotidienne de l’Institut, a quitté définitivement Barli. Son « fiancé » est venu la chercher, ce qui est assez tendu car la famille de Pooja ne consent pas à leur mariage.. Bref ! En tout cas, j’ai découvert ce matin que Pooja avait un téléphone portable avec elle, au sein de l’Institut, depuis plus d’un mois, alors que cela est formellement interdit ici, et qu’elle ne cessait de demander à son fiancé de venir la chercher… je n’avais vraiment aucune idée de cela…

Je suis triste pour elle car elle vient probablement de rater une opportunité de changer sa vie en acquérant une meilleure éducation et un diplôme, et de s’émanciper en accédant à une indépendance économique à sa sortie de l’Institut…

 

 

En même temps, personne ne peut forcer quelqu’un à apprendre s’il n’en a pas envie… J’espère juste que Pooja ne se laissera pas abuser par son fiancé, comme cela arrive souvent ici, car sinon elle se retrouvera vraiment sans rien !

 

 

Une autre des jeunes filles me racontait en pleurant hier, petit coup de blues passager, qu’elle avait perdu sa mère à l’âge de trois ans et vivait maintenant avec sa grand-mère… Je comprend mieux son comportement à l’égard des adultes qui l’entourent maintenant… Mais combien j’aimerais en savoir plus sur chacune d’entre elles et être vraiment capable de comprendre ce qu’elles vivent et de les aider !

 

 

Hier soir (21 mars), avec les deux autres volontaires et les membres du staff, nous leur avons organisé une petite surprise à l’occasion de Naw Ruz (le nouvel an baha’i) : nous leur avons offert des laaddu et d’autres pâtisseries indiennes pleine de sucre et avons passé quelques heures à danser et rire ensemble sur des chansons de films bollywood, c’était vraiment chouette !!!

 

 

 

 

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Lundi 19 mars 2007

Gau me, challo ? (on part au village? ? toujours dans mon mauvais hindi..)

 

 

Après réflexion et consultation avec la directrice, je vais sûrement passer 3 semaines - un mois dans des villages de Chaattigarh (à 5h de route de Raipur), de la mi-avril à la mi-mai? C?est le compromis que nous lui avons proposé avec une autre volontaire, afin de ne pas passer 2 mois complètement coupées de la civilisation et loin de nos amis de l?Institut? Nathalia partira donc la première et je la rejoindrais environ deux semaines plus tard pour assurer la suite des cours qu?elle aura commencé à donner, ce qui lui permettra de retourner à l?Institut à son tour?

 

C?est extra, il me reste donc quelques semaines pour me préparer au départ et profiter du confort de l?Institut (tout confort est vraiment relatif quand on y pense)! En effet, la vie au village va être très différente : par exemple, je vais troquer les toilettes turques de l?Institut contre? pas de toilettes du tout (il y a seulement un coin toilette pour les hommes dans le village où nous allons !), l?eau filtrée pas très nette contre l?eau de la pompe manuelle du village, etc. Mais tout cela n?est rien quand l?on pense à la chance inespérée que j?ai d?aller enseigner des jeunes filles d?origine rurale et tribale, qui n?auront pas d?autres opportunités d?apprendre l?anglais, de suivre un curriculum de prévention du sida, etc.

 

Ca vaut bien la peine de sacrifier un mois de son petit confort n?est-ce pas ?

 

Et puis je ne préfère pas penser aux autres choses un peu inquiétantes qui font partie de l?aventure : voyager seule, 2 jours par la route, le train, la route again, pour arriver jusqu?aux villages, évoluer dans un environnement où personne ne parle un mot d?anglais, savoir qu?une ville voisine s?est faite attaquée la semaine dernière par des rebelles maoïstes qui ont tué une dizaine de policiers? Je m?arrête là !

 

Enfin, assez parlé de moi ! Pour enchaîner sur quelque chose de plus positif : Avait lieu aujourd?hui à l?Institut, l?inauguration d?un nouveau solar cooker et d?un solar dryer (pardon, je ne trouve plus les mots en français pour cela, je vous laisse voir d?après les photos !) qui viennent juste d?être terminés ! Peu de gens se sont déplacés pour l?occasion, mais c?était assez joyeux, on a fait frire des « pawatha » (mmmh) dans le nouveau cooker pour célébrer cela ! Et puis il fait vraiment un soleil de plomb maintenant et c?est d?autant plus impressionnant de voir ce que toute cette énergie capturée par les petits miroirs du solar cooker est capable de faire !

 

 

 

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Dimanche 18 mars 2007

Mein nahi malum hai kya karte hu!

(« je ne sais pas quoi faire ! » toujours dans mon mauvais hindi…)

 

 

Au moment où je m’y attendais le moins, une opportunité intéressante s’est offerte à moi hier: terminer mon volontariat par deux mois de service dans un centre d’extension de l’Institut Barli, en zone rurale… La directrice de l’ONG m’a proposé cela comme une super opportunité et une faveur de sa part, et j’avoue que j’étais moi-aussi plutôt enthousiaste sur le coup !  J’ai un souvenir tellement extraordinaire de la vie dans les villages au Cameroun et j’ai tellement envie de découvrir l’Inde rurale!! Et puis j’imagine déjà  tout ce que j’ai apprendre d’une telle expérience, wow, il n’est pas donné à tout le monde de vivre cela… J

 

 

Pour vous expliquer le projet en quelques mots, il s’agit de donner un coup de main dans l’enseignement de l’anglais, de l’informatique, la prévention du sida, la promotion de l’égalité homme/femme à travers les arts, etc. Cependant, tout cela ne sera pas simple à enseigner en hindi, il me faut absolument quelqu’un de disponible sur place là-bas qui parle aussi anglais, ce qui n’est pas gagné…. Je dois d’abord traduire tout le matériel avant de partir, et j’ai besoin pour cela de quelqu’un de bilingue (anglais/hindi) et de disponible ici aussi, alors que tout le monde est débordé!

 

 

Mais surtout, plus j’y pense, moins je me sens prête à quitter l’Institut… J’ai déjà le cœur brisé par le départ d’une amie la semaine dernière et de deux aujourd’hui, alors je n’ose même pas imaginer ma peine en quittant mes amies indiennes membres du staff et les jeunes filles de l’Institut ! Et puis je me sens de moins en moins l’âme aventureuse, j’ai comme une furieuse envie d’apprécier tranquillement les prochains mois sans m’infliger de difficultés supplémentaires, jusqu’au retour tant attendu auprès des miens… C’est un peu pantouflard comme raisonnement, je le sais, mais j’ai appris à accepter mes propres limites ces derniers temps !

 

 

 

Que faire les amis ?? Qu’en pensez-vous ? Je suis vraiment intéressée par vos avis et idées…

 

 

Anyway, pour vous laisser sur une note un peu plus fun, voilà une photo prise hier, à deux pas de l’Institut, dans un garage… Un éléphant se faisant démaquiller dans un Car Wash, plutôt cool hein ?? Cet éléphant est probablement un de ceux loués par des gens aisés le temps d’une soirée, pour les mariages et il est donc encore plein de peinture, pauvre bête!

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Jeudi 15 mars 2007

Dans les rues d'Indore...

 

Je travaille en ce moment à la rédaction d’un document pour une conférence sur l’environnement, au cours de laquelle la directrice de l’Institut Barli doit présenter le modèle de développement durable de l’Institut… C’est très intéressant car Barli mène des actions très innovantes dans ce domaine, depuis le milieu des années 1980, au sein des communautés rurales et tribales du Madhya Pradesh (développement de l’utilisation de l’énergie solaire, recyclage de l’eau, etc.)  et cela me donne envie de vous montrer quelques photos des rues d’Indore… Certaines images sont vraiment insolites, non ? A force de voir certaines choses tous les jours on ne s’en étonne plus, mais quand même…

Je n’ai pas encore assez voyager pour dresser un constat général de l’Inde ! Et beaucoup de gens m’ont dit qu’Indore était la ville la plus moche qu’ils avaient vu en Inde, donc si cela peut vous rassurer…

 

Mais on peut imaginer facilement les défis environnementaux de l’Inde aujourd’hui, considérant sa population de plus d’un million d’habitants, son développement économique rapide et peu régulé, la taille imposante de ses villes sans qu’aucune politique d’urbanisation n’est pu vraiment contrôler les flux de population, etc.

 

Ce qui est le plus frappant au début, ce sont les rues jonchées de déchets, envahies par le plastique… (il n’y a aucun traitement des déchets là où je vis, je brûle donc mes déchets non-recyclables –mmh la fumée noire et l’odeur du plastique qui fond… – et recycle mes déchets alimentaires dans le composte de l’ONG)…

 

Pour moi, le plus triste reste de voir les gens vivrent à même le sol, dans la poussière et la saleté, sous des abris de plastique…

Comment peut-on répondre à de tels défis environnementaux avec une population aussi écrasante ? Par l’éducation, toujours agir à la base, pour responsabiliser les individus… S’organiser collectivement à l’échelle locale, voilà ce qui fonctionne aujourd’hui et se développe petit à petit…

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Mercredi 14 mars 2007

La température monte et le moral chute…

 

 

La semaine dernière avait été pleine d’énergie, de sorties entre amis et de nouvelles expériences enthousiasmantes : le début du mois de jeûne baha’i[1] ; trois jours d’ateliers sur l’égalité homme/femme à l’Institut ; une émouvante discussion avec la directrice de l’ONG m’aidant enfin à mieux comprendre sa façon de travailler et de communiquer ; la découverte d’une magnifique pièce de soie pour ma robe de mariée dans une petite échoppe de rajwala market, etc.

 

Cette semaine a commencé quant à elle de façon plutôt chaotique : forte montée de la température (dans l’après-midi l’horizon devient flou sous l’effet de la chaleur) au cours du week-end et déshydratation (avec toutes ses conséquences physiques dont je vous passe les détails)… Je tombe malade et décide d’hiberner au fond de mon lit, m’abrutissant de films Bollywood et enrageant de me sentir aussi faible ! En plus de la fatigue physique, mon moral en prend un coup lorsque je dois dire au revoir à Sophie, une jeune volontaire québécoise adorable, avec qui j’ai eu la chance de partager mes deux premiers mois à l’Institut Barli… C’est comme si elle était partie en emportant mon fluide vital, aaargh je ne sais plus où puiser mon énergie ici ! Heureusement, les jeunes stagiaires de l’Institut sont là, toujours aussi souriantes et positives… Quand je suis avec elles mes petits problèmes semblent encore plus insignifiants ! Mais on s’attache tellement à tout le monde ici – où l’on partage tout, y compris ses difficultés - que c’est dur de dire au revoir à ses compagnons de galère, deux autres des volontaires, australienne et canadienne, partent samedi et je sais que ça ne va pas être facile…

 

Quelque chose d’autre, que j’ai du mal à accepter, et dont j’ai envie de vous parler car je trouve cela culturellement intéressant, est la grande pudeur des indiens concernant leurs sentiments et ce qu’il y a de plus difficile dans leur vie…

 

Même en sachant auparavant que cela faisait partie de la culture asiatique, je n’étais pas consciente que les amies indiennes dont j’étais le plus proche ici me dissimulaient des choses essentielles de leur vie, par ce que j’imagine être de la pudeur… C’est tellement différent de notre culture française ou, sans être particulièrement expansif, on finit quand même toujours par l’exprimer ou par exploser quand quelque chose nous dérange !

Ici je suis perdue : Ma colloque est triste, je pense donc qu’elle est fatiguée et home sick (comment imaginer qu’elle est en réalité séparée de son mari et ne sais plus quoi faire de sa vie si elle ne me le dit pas..?) ; une autre amie ne vient pas travailler, je la crois malade… et n’apprend que bien plus tard ce qui se passe réellement, par la directrice de l’ONG, etc. Je ne sais plus comment réagir ici, comment aider quelqu’un lorsque l’on n’est pas sensé savoir ce qui lui arrive ? C’est parfois dur de rire et sourire comme si de rien n’était… et c’est pourtant ce qu’il faut faire pour respecter l’autre et sa culture, non ?

 

Je lève alors les yeux au ciel et  regarde fixement Sharuk Khan (du nom de la célèbre star de bollywood qui fait fantasmer toutes les filles ici) ! C’est le nom que nous avons donné au petit lézard qui vit au plafond de notre chambre… Lui non plus ne dit pas grand-chose, comme d’habitude!



[1] Comme dans toutes les grandes religions, les baha’is observent un jeûne matériel et spirituel une fois par an… du 2 au 20 mars, du lever au coucher du soleil. Le fait de ne pas consommer de nourriture et de ne pas boire n’est en fait qu’un moyen matériel pour nous aider à concentrer nos pensées sur la prière et la méditation, c’est aussi une belle opportunité selon moi de repenser un peu sa routine et de consacrer plus de temps à l’essentiel au lieu de courir du métro au boulot…

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Dimanche 11 mars 2007

 

Voila une photo que j'aime beaucoup, il s'agit de Vicky, une amie volontaire americaine, entouree de quelques jeunes filles de l'Institut...

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Dimanche 11 mars 2007

Etre femme ET choisir son rôle dans la société?

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, 8 mars, la journée internationale de la femme est célébrée un peu partout à travers le monde. Certains pays y accordent visiblement beaucoup plus d'importance que d'autres, et l'Inde en fait partie. C'est du moins mon impression (qui peut être biaisée par la nature de mon travail ici), car cela fait trois jours que les journalistes locaux et nationaux défilent à l'Institut pour écrire des articles sur cette journée mondiale, sans même qu'aucun d'entre eux n'ait été invité ni informé que nous célébrions l'événement ! Et puis la radio que ma colloc' écoute passe toutes les 15 minutes environ un petit flash « Happy women's day ! » Je ne me souviens pas avoir ressenti un tel intérêt des médias en France, où cette journée était surtout l'occasion pour les ONG de rappeler qu'il y avait encore du pain sur la planche - même chez nous - et que les femmes restaient les premières victimes de violence et, pour nos chers ministres de s'offrir un bon déjeuner avec quelques personnalités publiques féminines... Mais rien de plus et, je me souviens aussi et surtout avoir entendu mes amis de sexe masculin rire grassement sur des blagues sexistes à l'occasion de cette journée, sans vraiment en comprendre le sens ou l'importance? Pardonnez-moi si je me trompe !

 

 Ici à Indore, en tant que jeunes femmes occidentales, nous (les quelques volontaires à l'Institut) avons inévitablement attiré les médias, ce qui était assez difficile à gérer au départ, car certains n'avaient pas de bonnes intentions du tout? Et puis, la seule raison de notre venue en Inde est de participer au développement de l'Institut et de la condition des jeunes filles d'origine rurale et tribale, et non de faire la une d'un journal ! Cependant, les journalistes étaient souvent plus intéressés de nous prendre en photo et de nous entendre parler de la situation des femmes en Inde (nous qui y connaissons si peu de choses), plutôt que d'interviewer directement les filles des villages ! Nous essayons donc de détourner leur intérêt - refusant de prendre des photos sans les jeunes filles - et de ramener la conversation à l'essentiel : le rôle majeur de ces jeunes femmes dans le progrès économique et social de leur communauté. Mais le problème reste que la plupart des articles sont en hindi et que nous avons donc du mal à contrôler ce qui est écrit !

 

 Nous avons aussi été interviewées par des journalistes de Sahara TV, une chaîne nationale, hier. Je ne tenais pas vraiment à faire cette interview, car mon anglais hésitant venant s'ajouter à une extinction de voix et à la fatigue d'une journée de jeûne, je savais que ça ne serait pas terrible et indeed, je crois c'était vraiment moche ! Anyway, je vais sûrement être coupée au montage, ou au pire, passer au zapping indien comme la western girl avec la voix de terminator !

 

Pour en revenir au contenu de cette journée internationale à l?Institut Barli, elle s'insérait dans le cadre d'une formation de trois jours sur l'empowerment des femmes, à travers l'alphabétisation, l'importance de l'accès aux soins, etc. Une journée entière était consacrée à l'utilisation de l'énergie solaire, comme moyen de préserver l'environnement et ses ressources naturelles, mais aussi d'améliorer la vie quotidienne des femmes en zone rurale. J'avoue ne pas être passionnée par la façon de construire les solar cookers (ça a l'air simple lorsque l'on voit le produit fini, mais cela résulte en réalité d'un calcul compliqué en terme d'orientation de chaque partie de l'engin pour capturer l'énergie solaire et la concentrer en un point central où le récipient est déposé ! ) mais par contre, les enjeux sociaux de l'apport d'un tel modernisme au sein des communautés rurales sont vraiment intéressants ! C'est fou d'entendre que le premier obstacle au développement de l'utilisation de l'énergie solaire dans les villages est l'opposition des hommes, qui craignent qu'en facilitant la vie de leurs femmes et filles (plus besoin de ramasser du bois des heures durant, de s'enfermer dans une maison enfumée toute la journée, etc.), celles-ci pourront accéder à une éducation, auront le temps de développer leur réflexion, de s'émanciper et s'en iront..

 

Personnellement, je ne me sentais pas de faire un discours devant tout le monde, comme cela m?avait été demandé, à l'occasion de cette journée. J'ai donc essayé d'apporter une touche artistique à l'évènement, en apprenant à certaines stagiaires des chansons en anglais sur l'égalité homme/femme (que j'avais apprises au Cameroun il y a 5 ans lors d'un autre projet !), qu'elles ont présentées lors de l'ouverture de la journée. J'ai aussi conduit avec une amie un petit atelier sur la construction de maquettes de solar cookers, à partir de matériaux recyclés à l'issue duquel les jeunes filles devaient exprimer leur opinion concernant les changements que l'énergie solaire peut apporter dans leur vie. C'était vraiment drôle à faire, les jeunes filles ont beaucoup aimé et cela alternait avec tous les discours formels et théoriques des trois derniers jours.

 

Pour terminer la journée, nous étions invitées avec mes amies volontaires à visiter l?école/internat privé Daly College où l'une de nos amies enseigne. Cette école accueille les enfants des classes sociales les plus élevées à travers le pays (le coût à l'année est de 200 000 roupies), tout y est magnifique, il y a un temple et une mosquée, des énormes terrains de cricket, courts de tennis, salles de squash et de musculation, une piscine de taille olympique, des petits parcs pleins de fleurs et de statuettes, etc. J'avoue que mes préjugés à l'encontre des écoles privées en ont pris un coup, tellement l'atmosphère de cette école semblait propice au développement intellectuel, physique et moral ! Les élèves commencent leur journée à 6h30 par un entraînement physique intensif et doivent se plier à de strictes règles de vie, ce qui me semble positif lorsque l'on vient d'une famille très riche ! Enfin, il y avait quand même un énorme décalage avec ce que l'on peut vivre à l'Institut Barli, et je crois plus en ce dernier projet pour changer la société !

 

On nous a demandé de parler avec les 86 jeunes filles internes, à l'occasion de la journée internationale de la femme. Après un discours un peu formel on a pu échanger plus personnellement avec elles et c'était très intéressant ! J'ai quand même était impressionnée par la réponse de toutes ces jeunes filles de « bonnes familles » lorsque Vicky leur a posé la question : « Si une famille ayant deux enfants, une fille et un garçon, n'a assez d'argent que pour envoyer un seul à l'école, doit-elle favoriser la fille ou le garçon ? » Presque toutes ont répondu spontanément « le garçon », « Parce que les garçons sont plus intelligents », « ils comprennent plus vite », etc. L'une de nous a alors expliqué que la fille étant appelée à devenir mère et à être la première éducatrice de la future génération, elle devait recevoir une éducation en priorité, contribuant ainsi plus efficacement à éduquer et améliorer la société...

 

Nous avons terminé cette journée bien remplie autour d'un super repas chez l'amie qui est prof dans cette école. Une belle conclusion après quelques jours riches en émotions !

(ci-dessous les paroles de l'une des chansons d?ouverture de la journée internationale de la femme)

 

 

With two wings, we can soar in the air

With two wings, we can go almost anywhere

With two wings, we can sail to the sky

With two wings, we can fly...

I am one wing, sister and mother,

 

By myself all I can do is flutter

 

I am only one wing I need the other

 

For the dove of peace to fly

 

 

 

I am one wing, brother and father,

 

By myself all I can do is flutter

 

I am only one wing I need the other

 

For the dove of peace to fly

 

 

Par Silène - Publié dans : Carnet de Route
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Namasté!

Namasté étranger!

Tu as réussi à passer l'épreuve de ce calembour grotesque "Silène Tandoori"... Que ta route soit parsemée de pétales de lotus fraîchement détachés alors que tu pénètres dans ce modeste blog.

Tu as deviné que mon nom était Silène. Si tu es khâgneux, pas de blagues satyriques, STP, je n'ai rien d'un affreux, et, qui plus est, je ne suis pas les voies de Dyonisos, because je crois que sans alcool la fête est plus folle.

Trêves de bavardages.

Le Madhya Pradesh, c'est où? En Inde! Je te vois déjà en train de remuer tes lèvres de Hanuman ambulant pour me demander d'un air ahuri "Où ça en Inde?". Et bien je t'ai mâché le travail! Regarde un peu la jolie carte:



Impressionant n'est-ce pas?

Que vais-je y faire? Tout simplement un stage d'une durée indéterminée (j'ai un visa pour 6 mois, autant le rentabiliser), dans les parages d'Indore, une ville dans... le Madhya Pradesh. "Stage?" Et oui, je vais travailler pour le développement local au sein d'une ONG de petite taille, appelée "Barli", qui intervient afin de former des femmes issue d'un environnement rural -alphabétisation, hygiène, artisanat ...

Mon rôle dans tout ça? Je vais le découvrir en même temps que toi.

Stay tuned...

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